Alicaments : L'UFC Que choisir souhaite plus de transparence
La Cour d'appel de Paris a tranché : le partenariat entre la MAAF et Unilever permettant aux assurés de bénéficier de remises de prime sur présentation de bons d'achat de la gamme de produits Proactiv' n'est pas de nature à induite le consommateur en erreur. L'UFC-Que choisir demande une réglementation spécifique aux alicaments.
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Publié le 20 novembre 2007

Vous l'avez sans doute entendu à la radio ou vu à la télé, à la MAAF, les assurés qui peuvent justifier d'une preuve d'achat d'un "alicament" de la gamme Proactiv' d'Unilever sensé faire baisser le cholestérol, bénéficient de remise de prime sur les assurances complémentaires santé. Cette "offre" est le fruit d'un partenariat entre la MAAF et le groupe international Unilever qui selon l'UFC Que choisir est de nature à induire le consommateur en erreur. Mais la Cour d'appel de Paris en a décidé autrement ! Dans un communiqué l'UFC-Que Choisir "regrette la décision rendue par la Cour d'appel de Paris qui a considéré que les publicités sur le partenariat de la MAAF et d'Unilever, ne sont pas de nature à induire le consommateur en erreur. L'UFC-Que Choisir prend acte de cette décision qui démontre l'absence d'encadrement réglementaire pour défendre les 20 millions de français concernés par les maladies cardio-vasculaires face à ces dérives publicitaires. L'UFC-Que Choisir continue à penser que de tels partenariats ne permettent pas d'informer les consommateurs de manière transparente et complète sur les moyens de prévenir les maladies cardio-vasculaires :
- parce que la présence de la MAAF dans ce partenariat attribue la caution d'un assureur de complémentaire santé au produit d'une seule marque,
- parce que de l'avis des plus hautes autorités de santé (1) et de 75 % des médecins interrogés par l'UFC-Que Choisir (2), ces communications surévaluent l'intérêt de ces produits par rapport à d'autres facteurs déterminants vis-à-vis des maladies cardio-vasculaires (suivi médical, activité physique, tabagisme, alcool, poids, etc.),
- parce que cette technique de « co-branding » induit de manière implicite un effet d'offre liée. Tous les assurés de la MAAF qui souhaitent bénéficier de cette remise de prime doivent en effet obligatoirement consommer les produits d'une seule marque."
L'UFC Que choisir conclu son communiqué en fustigeant le vide juridique actuel : "Il serait inadmissible que ces pratiques perdurent du seul fait de l'insuffisance de la réglementation actuelle. Dans un contexte d'instrumentalisation croissante de la santé dans le domaine alimentaire, l'UFC-Que Choisir demande à Madame Roselyne BACHELOT, Ministre de la Santé de la Jeunesse et des Sports, et Monsieur Luc-Marie CHATEL, Secrétaire d'Etat à la Consommation et au tourisme, de créer un nouveau cadre réglementaire, aujourd'hui inexistant, applicable aux alicaments."
(1) Cf. extraits du communiqué de presse de l'Afssaps (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) du 6 février 2006 - Baisse de taux de cholestérol : usage détourné des recommandations de l'Afssaps : « ... la prise en charge de la réduction du taux de cholestérol nécessite un avis médical et s'appuie en premier lieu sur un régime alimentaire adapté et sur une bonne hygiène de vie ... une limitation de la consommation d'alcool, un contrôle du poids, une correction de la sédentarité excessive et la mise en place d'un régime alimentaire adapté ... »
(2) 12 cardiologues et 39 médecins généralistes interrogés en octobre 2006.
- Source : communiqué de presse UFC-Que choisir
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