Le niveau de vie des retraités quasi égal à celui des actifs
Selon le 5e rapport du Conseil d'Orientation des Retraites publié en novembre 2007, le niveau de vie des retraités est inférieur de 15% à celui des actifs si l'on se cantonne aux seules pensions mais en intégrant les revenus du patrimoine, l'écart n'est plus que de 2%.
Emploi » En pratique » Le niveau de vie des retraités quasi égal à celui des actifs
|
|
Publié le 17 décembre 2007

Le niveau de vie d’une personne reflète le revenu total du ménage auquel elle appartient et la composition de ce ménage (nombre d’unités de consommation -uc-). Selon que l’on prenne en compte ou non les revenus du patrimoine ainsi que la possession de la résidence principale (en imputant aux propriétaires un loyer fictif correspondant à la valeur locative de leur logement), la comparaison des revenus des actifs et des retraités donne des résultats différents : si l’on tient compte des revenus du patrimoine et des loyers imputés, le niveau de vie moyen des retraités apparaît quasiment égal à celui des actifs (respectivement 21 500 et 21 800 euros par uc en 2003) ; sinon, le niveau de vie des retraités apparaît inférieur d’environ 15% à celui des actifs (15 800 contre 18 500 euros par uc en 2003). La prise en compte du patrimoine est cependant sujette à discussion, d’une part parce qu’il est souvent le fruit d’une épargne antérieure, d’autre part parce que les montants possédés sont extrêmement variables d’un retraité à l’autre.
De 1970 jusqu’au milieu des années 90, le niveau de vie des retraités augmentait toujours plus rapidement que celui des actifs. Depuis, la situation relative des actifs et des retraités dépend surtout de la conjoncture : entre 1998 et 2002, période de conjoncture favorable, le niveau de vie des actifs a progressé plus vite que celui des retraités (+2,4% par an, contre +1,4%) ; entre 2002 et 2004, période de conjoncture déprimée, le niveau de vie des actifs a baissé de 0,3% par an tandis que celui des retraités continuait à augmenter de 0,5% par an.
Contrairement aux revenus des actifs, les revenus des retraités dépendent en fait peu de la conjoncture, étant donné l’indexation des pensions sur les prix. L’évolution du revenu moyen des retraités est gouvernée par l’effet de renouvellement des générations : chaque génération a connu jusqu’ici de meilleures carrières que la génération précédente et, au total, a un niveau de vie supérieur. Les prélèvements sociaux et fiscaux sur les pensions peuvent jouer toutefois un rôle significatif sur l’évolution du niveau de vie des retraités ; en particulier, les retraités assujettis au taux plein de CSG (40% des retraités) ont pu connaître des pertes de pouvoir d’achat depuis le milieu des années 90 en raison des hausses de taux de CSG, contrairement à ceux qui en sont totalement exonérés (45% d’entre eux).
L’examen du niveau de vie des retraités mérite d’être élargi à celui des minima de pension.
Lors de sa création en 1983, le minimum contributif du régime général et des régimes alignés avait pour objectif de rehausser les retraites « des assurés qui, bien qu'ayant travaillé un grand nombre d'années, n'ont acquis, en contrepartie de salaires faibles, qu'une pension inférieure au montant actuel du minimum vieillesse ». Cependant, la population qui bénéficie du minimum contributif s’étend aujourd’hui bien au-delà du public visé : beaucoup sont polypensionnés et 70% d’entre eux ont effectué une carrière incomplète, souvent courte.
En garantissant un revenu minimum à toute personne âgée, le minimum vieillesse vise à lutter contre la pauvreté des personnes âgées. Son montant pour une personne seule est inférieur au seuil de pauvreté à 60% du niveau de vie médian (respectivement 578 et 774 euros par mois en 2003) mais, si l’on tient compte du logement dans la mesure du revenu, un bénéficiaire du minimum vieillesse se situe en principe juste au-dessus du seuil de pauvreté ; avec cette convention de calcul, en 2003, 6,7% des 65 ans et plus seraient pauvres, contre 15,2% pour les personnes de moins de 55 ans. Pour obtenir une image fidèle du niveau de vie des bénéficiaires du minimum vieillesse, il faudrait également tenir compte des droits connexes (aide au paiement d'une complémentaire santé…).
- Source : Dossier de presse COR
|
|
|
Les articles pipelette.com dès leur parution, souscrivez à notre flux RSS ![]() |
Prochainement, inscrivez vous à notre newsletter pour recevoir tout pipelette.com directement dans votre boite aux lettres
|

