Baisse de 23.4% de la consommation d'antibiotiques en France
Au terme de cinq ans de programme Antibiotiques conduit par l’Assurance Maladie, la consommation d’antibiotiques a reculé de 23,4 %1, depuis 2002. Le résultat obtenu est proche de l’objectif initialement fixé : - 25 %.
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Santé » Maladies » Baisse de 23.4% de la consommation d'antibiotiques en France
Publié le 12 janvier 2008

Selon les derniers chiffres dévoilés par la CNAM le 10 janvier dernier, la baisse de la consommation d’antibiotiques - 23,4 % constitue une très bonne nouvelle : le résultat atteint est proche de l’objectif initial de - 25 %. Plus encourageant encore, ce recul se poursuit dans la durée, et mieux encore, il s’accélère depuis 4 ans.
Ainsi, au cours de l’hiver 2006-2007, il est de - 6,3 % contre - 4,6 % l’hiver précédent, témoignant ainsi d’un changement qui s’ancre en profondeur. Au total, le recul de la consommation d’antibiotiques équivaut à près de 27 millions de traitements soit environ 850 millions d’euros de dépenses évitées depuis le début du programme.
Les enfants de 0 à 5 ans, traditionnellement gros consommateurs d’antibiotiques en France, sont les premiers à bénéficier de cette baisse : dans cette tranche d’âge, le recul est supérieur à 34 %, soit
6,4 millions de traitements évités depuis 2002.
Encourageant mais encore insuffisant
Malgré la baisse conséquente enregistrée, la France est toujours le 2e pays le plus consommateur d’antibiotiques en Europe, juste derrière la Grèce2. Si la consommation ne constitue pas l’unique facteur de développement des résistances bactériennes, on constate que plus les antibiotiques sont utilisés dans un pays, plus la résistance bactérienne y est conséquente (source Goosens et al. Lancet 2005) ; c’est pourquoi la France compte aussi parmi les pays européens les plus touchés par ce phénomène3. Ainsi, le taux de résistance du pneumocoque à la pénicilline en 2006 (36 %)4 est un des plus élevé d’Europe avec celui observé en Roumanie.
Les menaces que fait planer la résistance bactérienne aux antibiotiques sur la santé publique sont réelles puisqu’elle compromet l’efficacité des traitements. Elles imposent un recours extrêmement vigilant aux antibiotiques pour ne pas épuiser inutilement cette ressource thérapeutique.
Sans cet usage « durable », des infections aujourd’hui bénignes comme les infections urinaires (cystites féminines, pyélonéphrite aiguë) ou intestinales provoquées par le colibacille pourraient ainsi connaître, selon les experts, une recrudescence et deviendraient plus graves. De même, les traitements des pathologies dues au pneumocoque (comme les pneumonies ou l’otite) par les pénicillines ne garderont pas un niveau d’efficacité satisfaisant.
La CNAM poursuit son effort d'information
La campagne a pris un nouveau cap cet hiver : après avoir expliqué avec le succès que l’on sait que « les antibiotiques, c’est pas automatique », l’information s’attache désormais à préciser quand les antibiotiques sont utiles.
Il convient en effet de faire reculer certaines idées reçues : ainsi, moins d’un Français sur deux (46 %) sait que 8 infections ORL sur 10 sont virales et se soignent sans antibiotiques. Il faut également dépasser l’affirmation « les antibiotiques, c’est pas automatique » et expliquer quand les antibiotiques sont utiles aux patients qui s’interrogent lorsque leur maladie se répète ou se prolonge.
La nouvelle campagne télévisée et le nouveau site Internet www.antibiotiquespasautomatique.com répondent à cette ambition pédagogique.
Par ailleurs, l’Assurance Maladie poursuit sa collaboration avec des médecins grâce à un programme d’accompagnement individuel assuré par les délégués de l’Assurance Maladie. Cette démarche de proximité, engagée sur la durée et lancée depuis septembre 2007, a pour objectif de sensibiliser les prescripteurs sur le juste recours aux antibiotiques.
Avec près de 800 000 enfants qui naissent chaque année en France, les professionnels de la petite enfance constituent un public relais essentiel à sensibiliser. L’Assurance Maladie prolonge donc ses actions auprès du personnel des crèches et des haltes-garderies ; elle les étend en s’adressant désormais aux assistantes maternelles qui gardent environ un quart des enfants de 0 à 3 ans. Au cours du premier trimestre 2008, 50 000 DVD d’information sur le bon usage des antibiotiques leur seront diffusés par les caisses de l’Assurance Maladie afin d’en faire des relais d’information auprès des jeunes parents.
- Source : Communiqué de presse CNAM
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