Rupture d'anévrisme : le Canada et la France s'associent pour mener une vaste étude
La rupture d'anévrisme concerne chaque année environ 5000 personnes en France. Subite et effrayante, cette maladie tue une fois sur trois. Pour tenter de déterminer les moyens traiter la rupture d'anévrisme, l'hôpital de l'université de Montréal (CHUM) en partenariat avec la Société française de neuroradiologie (SFNR) vient de lancer "Team", une étude internationale d'envergure.
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Publié le 17 septembre 2007

La rupture d'anévrisme est une maladie particulièrement redoutable puisqu'elle frappe sans prévenir à tout âges. Sur les 5000 personnes victimes de rupture d'anévrisme en France chaque année, un tiers succombent de façon foudroyante. Un autre tiers s'en sort indemne mais le dernier tiers garde des séquelles graves et irréversibles comme des paralysies, des troubles de la marche ou encore de la parole. Les causes de la rupture d'anévrisme sont encore très mal cernées. L'hypertension est un symptome souvent corollaire sans pourtant amener systèmatiquement à une rupture d'anévrisme.
Mais qu'est-ce au juste qu'un anévrisme ? En fait, l'anévrisme est une dilatation localisée de la paroi d'une artère qui aboutit à la formation d'une poche communiquant avec l'artère. Ces petits "sacs" se développent sur les artères à la base du cerveau. Avec le temps, l'anévrisme augmente progressivement de diamètre et s'il se rompt, l'hémorragie interne est immédiate. Les chercheurs estiment que 1 % à 5 % des adultes de plus de 18 ans sont porteurs d'un anévrisme au cerveau mais être porteur ne veut pas dire qu'il y aura rupture.
Pour en savoir un peu plus sur les facteurs déclenchant la rupture de l'anévrisme, l'hôpital de l'université de Montréal (CHUM) en partenariat avec la Société française de neuroradiologie (SFNR) vient de lancer une étude d'envergure intitulée Team. Cette étude s'incrit dans un contexte difficile puisque le traitement des anévrismes non rompus demeure controversé. En effet comme le souligne les chercheurs : "il pourrait sembler une bonne idée de traiter l'anévrisme avant qu'il ne se rompe. Malheureusement, le traitement d'un anévrisme ne se fait pas sans risque de complications."
Selon les chercheurs, le traitement endovasculaire peut prévenir la rupture, mais il comporte des risques immédiats, de plus, un traitement réussi ne conduit pas toujours à une protection complète et définitive. Pour mémoire, "le traitement endovasculaire utilise l'artère de l'aine afin d'atteindre et combler l'anévrisme de l'intérieur des vaisseaux à l'aide d'un filament métallique (coil). Ce type de traitement a été utilisé chez des milliers de patients depuis 1992". D'autres formes de traitement sont possibles comme la chirurgie par ouverture de la boîte cranienne ou encore de façon plus indolore, la technique de l'observation et du contrôle des facteurs de risque comme le tabagisme, l'hypertension artérielle ou la consommation excessive d'alcool.
Dans ce contexte, l'étude Team se propose de déterminer les bénéfices potentiels du traitement endovasculaire par rapport à un traitement conservateur des anévrismes non rompus. Cette étude randomisée (les patients sont tirés au sort) sera menée pendant dix ans sur 2 002 patients volontaires dans soixante centres hospitaliers, dont vingt-quatre en France.
- Pour en savoir plus sur l'étude Team : www.teamstudy.org
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