Insolite dans l’Eure : Le musée de l’Ecorché d’Anatomie du Neubourg
Au Neubourg, petite bourgade de 4.000 habitants, un musée pour le moins étrange attend les visiteurs : celui de l‘Ecorché d’Anatomie.
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Publié le 20 septembre 2007

Né à Saint-Aubin d’Escroville prés du Neubourg, le Dr Thomas-Louis Auzoux eut l’idée en 1822 de créer pour les étudiants en médecine des écorchés d’anatomie en carton, plus légers et moins onéreux que les modèles en cire jusque là utilisés et surtout « dissécables », à savoir démontables pièce par pièce.
Durant 150 ans, les écorchés du Dr Auzoux participèrent à la formation de médecins dans le monde entier.
Les modèles étaient fabriqués en séries selon une technique minutieuse avec une pâte spéciale aux propriétés inaltérables : « la terre », faite de colle de farine, de papier déchiré menu, de blanc de Meudon et de poudre de liège.
Les pièces en carton étaient moulées dans des moules en plomb, assemblées à l’aide de fil de fer, ajustées, collées à la colle de poisson, « ébavurées », poncées et « repapillotées », comme avec une seconde peau en papier de mûrier. Les vaisseaux saisissants de vérité, étaient fabriqués avec du fil de fer, recouverts de filasse rouge ou bleue, piqués et collés sur le carton. Les pigments broyés au pilon sur la table de marbre permettaient de souligner un détail et de colorer les tissus.
L’aspect fibreux des muscles était obtenu avec un pinceau écrasé en éventail plongé dans la peinture rouge, les nerfs étaient de chanvre, les membranes en péritoine de bœuf, des lichens étaient utilisés pour les vaisseaux les plus fins, la nacre colorait le fond de l’œil …
Même si au premier coup d’œil, le visiteur a vaguement l’impression de pénétrer dans la tanière de Jack l’Eventreur, très vite, il s’intéresse et s’extasie devant les merveilles techniques exposées dans les vitrines : une oreille géante, une main et ses tendons, un pouce, un tibia, un squelette, des viscères, l’ appareil reproducteur masculin et féminin, des fœtus aux différents stades de leur développement.
Une vidéo permet de suivre la fabrication d’un modèle et de tout connaître d’une entreprise qui mettait 6 mois pour fabriquer un écorché de 100 pièces, employait 50 personnes et fit vivre des familles entières pendant plusieurs générations avant l’arrivée de la résine synthétique dans les années 1980, ce qui sonna le glas du laboratoire Auzoux.
En parallèle à ce musée de l’anatomie humaine, une grande salle est consacrée à l’anatomie animale et végétale avec des modèles étonnants réalisés par le Dr Auzoux.
Grossis comme au microscope, on peut y voir représentés : des grains de blé germés, des pistils de fleurs, des écorchés géants d’escargots ou de mouche Tsé Tsé ou encore en taille réelle des écorchés de dindon, de carpe, de boa, d’étoile de mer, d’abeille, de grenouille, de sangsues ou de mille pattes.
Une étonnante leçon de sciences naturelles pour petits et grands.
Le Musée de l’Ecorché d’Anatomie est ouvert toute l’année sauf entre mi-décembre et mi-janvier, une partie de la semaine y compris le dimanche et les jours fériés (sauf le lundi et mardi) de 14h à 18h.
Tarifs : Adulte : 4,50 € - Enfants, étudiants : 3,50 € - Groupes adultes : 4 €, groupes enfants : 3 €. Tél : 02 32 35 93 95
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