Le Sénat prévoit une pénurie de médecins dès 2008
Dans son "Rapport d’information", Jean-Marc Juilhard, sénateur du Puy de Dôme fait un constat peu réjouissant : avec les départs en retraite des médecins du "baby boom" dans les prochaines années, la France va connaître dès l'année 2008 une pénurie de praticiens de médecine générale sur son territoire.
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Publié le 14 octobre 2007

La nouvelle n'est pas un scoop : depuis plusieurs années déjà la pénurie de médecins inquiète les pouvoirs publics. Selon le rapport d'information publié cette semaine par Jean-Marc Juilhard, sénateur du Puy de Dôme, le constat est alarmant : "Le nombre de médecins en exercice n’a jamais été aussi élevé et pourtant, les disparités entre régions deviennent trop importantes pour assurer un accès à des soins de qualité sur l’ensemble du territoire : on constate, par exemple, un écart de 1 à 3 entre le nombre de médecins installés dans le Pas-de-Calais et ceux exerçant dans les Alpes-Maritimes." Selon le sénateur, "cette situation s’aggravera dans les années à venir. On prévoit une réduction du nombre de médecins en activité causée, d’une part, par une baisse de l’offre en raison du nombre insuffisant d’étudiants en formation et de nombreux départs en retraite, d’autre part, par le vieillissement de la population."
L'équilibre en 2025 seulement
Le rapport souligne que la situation va être critique principalement entre 2008 et 2025 du fait des nombreux départs à la retraite des enfants du baby-boom. Le relèvement du nombre d'étudiants en médecine (Numerus Clausus) en 2004 ne portera véritablement ses fruits qu'en 2025. "Il faudra attendre 2025 pour que le nombre d’entrées égale celui des sorties" précise le sénateur. Selon le rapport, "conscient de ce risque de pénurie, le gouvernement a concentré ses efforts sur les médecins dont la situation démographique est la plus critique au sein des professionnels de santé, et même plus particulièrement sur les médecins généralistes, les plus impliqués dans la prise en charge de premier recours." Depuis trois ans, des mesures ont été prises pour agir aux différentes étapes qui vont de la formation à l’installation des médecins. Elles visent à augmenter le nombre d’étudiants en formation et à inciter les médecins à s’installer dans les zones sous-médicalisées. Mais cela suffira-t-il pour permettre à l'ensemble des Français de disposer d'un bon niveau de soin de proximité ? L'avenir le dira mais ce qui est sûr c'est que les médecins ne sont pas sensibles aux incitations financières et fiscales du gouverment comme l'atteste le sondage récent réalisé par l’Ordre national des médecins. Celui-ci fait apparaître que 63% des étudiants en médecine et 60% des jeunes praticiens n’envisagent pas de s’installer en zone rurale. Le Sénat conclut son rapport sur la nécessité de développer les solutions de télémédecine pour pallier à la pénurie de médecins.
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