Restrictions sur les produits alimentaires contenant des OGM

Le miel comportant des traces de maïs génétiquement modifié ne doit pas être commercialisé sans autorisation. Cette décision prise par la Cour Européenne de Justice (CEJ) vise au durcissement des mesures en vigueur.

illustration  « Restrictions sur les produits alimentaires contenant des OGM » cliquer pour agrandir

Avocat à la CEJ, Yves Bot déclare sans ambages que le miel contenant, même de façon involontaire, des traces d’organisme génétiquement modifié ne doit pas être mis en vente sans une autorisation préalable. Il ne manquera pas d’étendre cette disposition à toute autre denrée alimentaire. Il précise même que le caractère non intentionnel de la présence d’OGM ne pourrait constituer une dérogation à ladite disposition. Il est clair que ces nouvelles mesures sont contraires à celles qui avait cours jusqu’à présent. Auparavant, l’UE avait simplement prévu que l’étiquette « Avec OGM » soit mise sur tout produit alimentaire contenant au moins 0,9 % de substance OGM. Ainsi, la présence non intentionnelle ou génétiquement inévitable d’une infime quantité de produits OGM ne pouvait constituer un quelconque problème.

La décision de la CJE n’est pas fortuite. Son avis a été jugé nécessaire dans le règlement d’une affaire opposant le Land de Bavière à un apiculteur Allemand. Le tribunal administratif saisi du dossier se réfère à la CEJ pour savoir si une autorisation de mise en vente est nécessaire pour du miel contenant une infime quantité d’OGM et ce de façon non intentionnelle. Les faits sont simples et remontent à 2005. Les terrains du Land de Bavière ont servi à produire du maïs OGM à des fins de recherche. Le pollen de ce maïs dénommé MON 810 s’est retrouvé dans le miel produit par l’apiculteur situé dans une exploitation agricole voisine. Cette situation était inévitable et non intentionnelle aussi bien par l’apiculteur que par les responsables du projet de recherche sur le MON 810. Jugeant le miel ainsi produit impropre à la vente et à la consommation, l’apiculteur a donc engagé des poursuites contre le Land de Bavière. Le durcissement de la position européenne affiché par la CEJ vise à protéger le consommateur européen. En effet, les dispositions européennes précédemment en vigueur n’avaient pas prévu une situation selon laquelle les produits contenant de façon involontaire des substances OGM pourraient être impropres à la consommation humaine. En effet, des associations de substances pourraient être toxiques pour le consommateur. Le cas de ce miel est donc révélateur et permet à la CEJ d’ajuster à temps les lois en vigueur. L’extension de ces mesures à toutes les denrées alimentaires ne devrait pas être vue comme un soutien aux détracteurs à la généralisation des OGM mais plutôt comme une mesure purement préventive.

illustration  « Restrictions sur les produits alimentaires contenant des OGM » cliquer pour agrandir

Commentaires des visiteurs

12 février 2011 14:30

Dans cette histoire le problème d’homologation est spécifique au MON810. L’article 146 des conclusions de l’avocat général que vous trouverez facilement sur le site internet de la Cour européenne de justice (cas : C-442/09) indique : tel n’est pas le cas du maïs MON 810 dont les seuls produits qui peuvent être considérés comme autorisés en vertu de ce règlement sont la farine de maïs, le gluten de maïs, la semoule de maïs, l’amidon de maïs, le glucose de maïs et l’huile de maïs. D’autres OGM, comme le MIR604 ou le Bt11 de Syngenta ont demandé, et obtenu, une autorisation pour l’ensemble des produits dérivés à partir de ces maïs. Des fifrelins de traces de pollen de ces maïs dans le miel ne posent aucun problème d’homologation. Par ailleurs l’avocat général ne mentionne nulle part dans ses conclusions un éventuel étiquetage du miel.

Un commentaire ?

Vous devez soigner votre orthographe, sinon le commentaire ne sera pas validé.


Pour créer des paragraphes, laissez des lignes vides

© | illustration Beboy - Fotolia.com

Même Rubrique

L’État veut se lancer dans la lutte contre le racolage sur Internet: Le ministre de l'Intérieur a récemment annoncé son souhait d'avoir une loi permettant de gérer au mieux le…

Valérie Pécresse : Une nouvelle session du BTS NRC avant le 14 juillet: C'est avec soulagement que les étudiants candidats au BTS NRC empêchés d'entrer dans les salles d'examen ont…

Nestlé : un lot de petits pots pour nourrissons retiré des magasins: Dans un communiqué, Nestlé France prend la décision de retirer des magasins un lot de pots d'aliments pour…

La restitution du corps de Laetitia prendra au moins 4 semaines: Xavier Ronsin, Procureur de la République de Nantes a mentionné le 12 Avril qu'un délai de 4 semaines…

La justice autorise OVH à héberger Wikileaks: La justice française a estimé que l'hébergeur OVH n'avait pas à fermer le site de Wikileaks. Ce dernier peut…

La gendarmerie résout enfin l’énigme de la main: A Verdun-sur-Garonne, une histoire peu ordinaire de main et avant bras sans corps avait donné du fil à…

Réexaminée, la loi sur la bioéthique sera finalement voté le 15 février: Les députés ont réexaminé les lois portant sur bioéthique. En attendant que les nouvelles dispositions légales…

Sanctionner par des amendes les clients de la prostitution: La prostitution est un fléau qui se répand de plus en plus dans le monde, touchant toutes les catégories de…

BTS : Valerie Pécresse trouve une solution pour les étudiants: Dimanche dernier, 2 500 candidats au BTS NRC devraient passer à nouveau l'examen en raison de graves…

Traces de porcs : Casino retire des produits halal de la ven: Le groupe Casino a décidé de retirer des produits halal de la marque Herta à cause du fort soupçon de traces…

Proposition d’un congé paternité plus long, à égalité à celui de la mère: L'égalité professionnelle entre hommes et femmes est une réalité même si elle connaît quelques balbutiements.…

Habiter un rez-de-chaussée : économique et pratique: En ces temps où le prix du logement ne cesse d'augmenter, une alternative serait d'habiter un…