La cour de Bruxelles n’a pas mâché ses mots envers la Citibank qu’elle a reconnue coupable de publicité mensongère. En effet, cette dernière avait vendu des produits de la banque Lehman Brothers qui avait fait faillite par la suite. La cour a estimé que la Citibank était parfaitement au courant que ces produits ne vaudraient plus rien après une faillite possible. Les dommages sont estimés à plus de 128 millions d’euros sur plus de 4100 clients. On se souvient que Lehman Brothers avait fait faillite le 15 septembre 2008, et donc, toutes ses obligations n’avaient plus aucune valeur. En plus des dommages financiers, la justice belge a voulu donner un exemple en montrant aux banques qu’elles ne peuvent pas jouer impunément avec l’argent de leurs clients. De même que la publicité mensongère, la Citibank est coupable d’infractions aux pratiques commerciales et à la législation financière. Cependant, on ignore si les plaignants vont recevoir des dommages et intérêt ou si ce n’est qu’une condamnation symbolique.
Il est intéressant de constater que les banques sont fréquemment sur le banc des accusés pour leur manque de transparence. Après la crise financière, de nombreux responsables bancaires ont avoué qu’ils étaient au courant d’une crise imminente, mais qu’ils n’ont pas alerté les pouvoirs publics et les citoyens. Selon ces responsables, cela aurait pu créer une panique générale qui aurait détruit tout le système financier. Mais n’est-ce pas ce qui est arrivé par la suite ? Les gens ont perdu totalement confiance dans les banques, notamment dans les produits dérivés de la finance qui sont très opaques. On peut citer les fameux prêts hypothécaires à risque élevé qui ont affaibli les banques américaines. Ces dernières ont tenté de les mélanger à des actions saines pour faire passer la pilule, mais un produit toxique le reste jusqu’au bout. On espère qu’il y aura d’autres condamnations similaires à celle de la Citibank en Belgique. C’est l’un des moyens pour que les consommateurs fassent de nouveau confiance dans le système bancaire. En 2009, la marque Lehman Brother était l’une des plus détestées au monde, et c’est tout à fait compréhensible. Mais on doit aussi prendre en compte la complicité des autres banques qui espéraient s’en tirer sans dommages.
