C’est lors d’un communiqué émanant du secrétariat général de l’ONU que L’ONU a lancé son appel pour des élections justes et transparentes en Thaïlande. Pour le secrétaire général de l’ONU, des élections crédibles, pacifiques et équitables sont le gage d’un renforcement des valeurs démocratiques et d’une véritable réconciliation. M. Ban Ki Moon a invité les partis politiques à s’abstenir de tout recours à la violence et à respecter le verdict des urnes. L’ONU n’est pas seul à s’inquiéter du bon déroulement des élections en Thaïlande. Plusieurs observateurs craignent la résurgence de la violence lors des élections de dimanche prochain. Ainsi 430 candidats aux législatives ont requis une protection policière. Quatre militaires ont d’ores et déjà été arrêtés après avoir été accusés de vouloir intimider des électeurs tandis que la mort de deux militants a été enregistrée. L’actuel chef de l’armée a promis que l’armée ne se mêlerait pas du processus électoral mais cela ne l’a pas empêché de critiquer ouvertement l’opposition. Il a, en effet au cours d’une déclaration, appelé le peuple à "choisir les bonnes personnes".
Les craintes de l’ONU et des observateurs internationaux se fondent sur le passé récent de la Thaïlande. Ce pays est en effet très fragile. En 80 ans, la Thaïlande a connu 18 coups d’état et tentatives de coups d’état. Depuis cinq années la pression de la rue n’a cessé de faire et de défaire les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce pays. Il y a juste un an de cela, la Thaïlande traversait l’une des crises les plus graves de son histoire. A cette époque, les chemises rouges fidèles à l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra avaient pendant deux mois paralysé la capitale Bangkok pour réclamer la chute du premier ministre d’alors. Cette crise s’était achevé par une guérilla urbaine lorsque les militaires décidèrent de déloger les manifestants par la force. Quatre-vingt dix civils avaient péri et on a enregistré plus de 1900 blessés. Le scrutin de dimanche opposera les démocrates conduits par l’actuel premier ministre Abhisit Vejjajiva au parti d’opposition Puea Thai mené par Yingluck Shinawatra, la sœur de l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra. Cette dernière est d’ailleurs la première femme Thaïlandaise à briguer le poste de premier ministre.
