Mis en vente depuis 1988 par Menarini, Noctran est un somnifère qui contient un anti histaminique, un neuroleptique et une benzodiazépine. Ces 3 principes actifs sont désormais jugés sans intérêt par les spécialistes qui soupçonnent également un cumul d’effets indésirables lié à la prise de ce médicament. En mars 2011, un vote pour son retrait a été enregistré au sein de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) de l’Afssaps. Contrairement aux recommandations, ce remède a été utilisé de façon massive et chronique selon la commission pharmacovigilance de l’Afssaps. A en croire cette même entité, le fait de supprimer l’indication de ce médicament pour les formes chroniques d’insomnie en 2005 n’a eu aucun effet sur la quantité vendue durant les 5 années suivantes. Il apparait que plus de 7 patients sur 10 qui sont traités au Noctran, sont âgés d’au moins 50 ans. Le non-respect de la dose prescrite et de la durée du traitement sont courants et le risque de surdosage est élevé parmi les patients utilisant Noctran. En plus des chutes qui peuvent avoir des conséquences graves, le syndrome parkinsonien, la somnolence et la confusion mentale sont entre autres les effets psychiatriques et neurologiques qui guettent les patients utilisant le somnifère Noctran.
Sachant qu’il existe un réel risque lié au sevrage au Noctran, l’Afssaps invite les médecins à ne plus prescrire ce remède et conseille aux patients sous traitement de Noctran à ne pas l’arrêter brutalement mais à consulter un médecin qui saura donner les recommandations idoines et au besoin renouveler le traitement de l’insomnie en prescrivant un remède de substitution. A titre purement indicatif, il faut retenir que la diminution des doses de Noctran ne doit pas dépasser 10 % de la quantité habituelle pendant les 15 premiers jours. On renouvelle l’expérience pendant 2 autres semaines en respectant la même proportion de diminution. Le patient procèdera ainsi jusqu’à obtenir une dose journalière négligeable au point de pouvoir s’en passer sans séquelle. Faut-il rappeler que cette décision de l’Afssaps est sans surprise car déjà en janvier dernier le Noctran figurait sur une liste de 77 médicaments. C’est après une procédure juridique complète que le retrait de ce somnifère devient effectif, conformément aux dispositions en vigueur pour tout médicament qui ne donne plus satisfaction.
