Physiopathologie de la cruralgie
Pour comprendre la douleur provoquée par une cruralgie, il importe de connaître le trajet du nerf crural. Il naît à la partie inférieure de la colonne vertébrale plus précisément soit entre les vertèbres lombaires L3 et L4, soit entre L4 et L5. Il passe ensuite par la partie externe de la hanche avant de traverser la partie antérieure de la cuisse. Il descend jusqu’au genou et peut même atteindre le tibia. Le siège de la douleur dépend de la localisation de la lésion du nerf.
Les causes de la cruralgie
La cruralgie frappe surtout les personnes de plus de 50 ans et, même si elle est moins fréquente que la sciatique, la douleur qu’elle provoque n’en est pas moins intense, pouvant même entraîner une invalidité. Dans le cas de la cruralgie idiopathique, aucune cause n’est décelée et la maladie régresse au bout de quelque semaines avec ou sans traitement. Sinon, les principales causes qui peuvent provoquer une lésion du nerf sont :
- une hernie discale,
- un kyste,
- une tumeur maligne (cancer) ou bénigne,
- une amyotrophie (atrophie musculaire),
- un rétrécissement du canal lombaire,
- un abcès localisé au niveau du bassin,
- une fracture de vertèbre,
- un arthrose.
Comment reconnaître une cruralgie ?
La douleur est le principal symptôme de la cruralgie. Elle est localisée le long du trajet du nerf crural et intéresse essentiellement la partie antérieure de la cuisse, la partie externe et postérieure de la fesse, le genou et la partie antéro-interne de la jambe. A l’examen clinique, le médecin décèle parfois une abolition du réflexe rotulien et un signe de Lasègue positif, le patient étant couché sur le ventre, la douleur est ravivée par une extension exagérée de la jambe. Parfois, le patient présente une hypoesthésie caractérisée par une baisse de la sensibilité de la partie malade.
Traiter une cruralgie et procéder par étape
Soulager la douleur est le principal objectif du traitement de la cruralgie. Néanmoins, si la cause est identifiée et susceptible de répondre à un traitement médical ou chirurgical, il est tout aussi important de la traiter.
Le traitement médical de la cruralgie
En première intention, le traitement de base la cruralgie associe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) à des antalgiques. En l’absence de contre-indications majeures (état de démence, diabète, etc.) qui sont laissées à l’appréciation du médecin traitant, les corticoïdes peuvent prendre le relais des AINS. Le traitement par l’ostéopathie offre de bons résultats à condition qu’il soit mené par un professionnel tout comme la mésothérapie qui consiste à des injections répétées mais à des doses infinitésimales d’un médicament ne contenant pas de corticoïde, au niveau même de la zone douloureuse. Si la douleur persiste et ne régresse pas au bout d’un mois ou si elle est insoutenable pour le patient, il est temps de passer au traitement médical renforcé avant d’envisager une opération chirurgicale. Il faut seulement savoir que cette deuxième étape est plus contraignante pour le malade. On administre alors un AINS par voie intramusculaire ou par perfusion, la morphine prend la place des antalgiques classiques. Quant à l’infiltration des corticoïdes, c’est au médecin d’en décider. Quand la cruralgie évolue progressivement suite à une compression modérée du nerf, il n’est pas recommandé de trop ménager le membre atteint car un repos excessif entraîne une fonte musculaire, elle-même responsable d’invalidité souvent permanente et irréversible. C’est particulièrement indiqué pour les personnes âgées victimes de hernie discale ou d’arthrose.
Quand recourir à une intervention chirurgicale en cas de cruralgie
L’intervention chirurgicale s’impose si la douleur est toujours aussi intense au bout de 6 semaines environ de traitement médical bien mené. Comme il est primordial de s’assurer que la douleur est bel et bien due à une souffrance du nerf crural, il faut prouver l’existence d’une compression du nerf crural par le biais de l’imagerie, c’est le cas notamment d’une sténose du canal lombaire ou d’une hernie discale. Néanmoins, une intervention chirurgicale s’impose d’emblée devant trois situations bien déterminées : une paralysie sphinctérienne provoquant une incontinence (selles ou urines), une douleur paroxystique résistant au traitement médical renforcé, et une installation d’un déficit moteur au niveau d’un membre inférieur.

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